Résultats des ateliers 2008

Atelier 1: Les TIC et les seniors

Organisé et animé par Pro Senectute Suisse

La fracture numérique demeure une réalité. Les enquêtes menées par l'Office fédéral de la statistique (OFS) indiquent qu'en 2007, comme les années précédentes, les personnes de plus de 55 ans utilisent beaucoup moins l'internet (55,7%) que les 15-24 ans (92,1%). Chez les plus de 65 ans, ce taux chute à 22,7%. Cette situation n'est pas satisfaisante. Hormis le fait que maintes informations ne figurent dorénavant plus que sur l'internet, les technologies de l'information et de la communication peuvent faciliter la vie des personnes âgées à mobilité réduite, favoriser les contacts avec l'extérieur et garantir une certaine protection sociale.

Initiatives de Pro Senectute dans le domaine des TIC

Désireux de contribuer à réduire la fracture numérique, Pro Senectute travaille à l'introduction d'un "paquet PC" complet permettant aux seniors d'utiliser aisément l'ordinateur et l'internet. Pro Senectute mène également une étude scientifique sur les raisons pour lesquelles les personnes âgées recourent peu aux TIC.

En collaboration avec le Conseil suisse des aînés (CSA) et Seniorweb.ch, Pro Senectute va lancer la plateforme d'information "TIC et seniors", afin que les initiatives en réseau et les projets communs puissent être réalisés avec plus de facilité et d'efficacité. Le réseau sera lancé le 7 janvier 2009.

réseau ICT et les personnes d'un certain âge

Marketing des seniors

Dans son exposé, Urs Kalbermatten, psychologue et gérontologue (Haute école spécialisée bernoise et Pro Senectute Suisse), a expliqué que le marketing des seniors se heurtait à la grande hétérogénéité de ce groupe de population et au fait que l'on considère la vieillesse comme une phase de retrait, perçue négativement. L'absence de champs d'application (utilité) et d'interactions (courriels) ainsi que le manque de soutien technique sont des obstacles qui entravent l'accès aux TIC. Un marketing des seniors efficace doit réévaluer la vieillesse, inciter les seniors à se réorienter et signaler les champs d'intervention possibles dans le domaine des TIC.

Projet "Frauen an die Mäuse" de Pro Senectute Berne

Daniel Aegerter, de Pro Senectute Berne, a présenté le projet "Frauen an die Mäuse", dans le cadre duquel des jeunes filles de 14 à 18 ans accompagnent des femmes âgées de plus de 60 ans dans leur découverte de l'internet. Ce projet est un bel exemple d'échange fructueux entre les générations. Il a également permis de constater que les femmes ont une approche différente de celle des hommes et qu'elles se sentent souvent bloquées par ces derniers en ce qui concerne l'accès aux technologies.

Projet "Click&Tax" de Pro Senectute Arc Jurassien

François Dubois a présenté le projet "Click&Tax", que Pro Senectute Arc Jurassien et le canton de Neuchâtel vont lancer en 2009. Fruit d'une collaboration réussie entre un canton et une organisation, "Click&Tax" met le doigt sur le fait que la réduction de la fracture numérique relève aussi de la politique et de l'Etat. Il ne va en effet pas de soi que la population dispose des compétences et de l'infrastructure nécessaires pour pouvoir utiliser les instruments de cyberadministration (par exemple un programme TED permettant de remplir une déclaration d'impôt).

début de la page

Atelier 2: L'accès aux TIC grâce à la technique

(Ce texte n'est disponible qu'en allemand. Selectionnez la langue désirée dans le menu général.)

Atelier 3: Les TIC et l'intégration des migrants

Organisé et animé par Ursula Dubois, réseau Sociolution et association Web for Migrants, avec la participation de:

  • Christine Eggenberg, Bibliothèques Kornhaus Berne
  • Brigitte Gonzales-Ostos, Forum des étrangères et étrangers de Lausanne FEEL
  • Kathrin Kissau, Université de Lausanne
  • Luzia Kurmann, Pour-cent culturel Migros

L'atelier traitait de l'importance que revêt l'internet dans l'intégration des migrants. Il ne s'agissait toutefois pas seulement de répondre à la question "Comment encourager l'inclusion numérique des milieux de la migration "traditionnels" ou défavorisés sur le plan de la formation?". Les participantes ont toutes reconnu qu'il est primordial de disposer d'un accès à l'internet et de connaissances sur son utilisation, mais elles étaient aussi d'accord sur le fait que ces deux conditions ne suffisent pas pour intégrer réellement les migrants dans la société du pays d'accueil. Il s'agissait donc également d'aborder les thèmes suivantes: "Comment faire pour que tous les groupes de migrants puissent accéder à la société suisse du savoir et comment encourager la participation des migrants aux projets locaux par le biais de l'internet?".

Les migrants recourent très souvent à l'internet, mais l'inclusion numérique des personnes peu formées pose toujours problème.

En Suisse aujourd'hui, les migrants utilisent beaucoup l'internet: Selon une enquête menée à la demande du Pour-cent culturel Migros par Heinz Bonfadelli de l'Institut für Publizistikwissenschaft und Medienforschung de l'Université de Zurich, 60% des migrants naviguent sur la toile quotidiennement et 20% plusieurs fois par semaine. Toutefois, certains groupes, par ailleurs déjà menacés d'exclusion (femmes issues de sociétés "traditionnelles", personnes sans formation, personnel auxiliaire, etc.), n'ont pas accès à l'internet. Christine Eggenberg et Brigitte Gonzales-Ostos ont présenté des projets lancés par les bibliothèques Kornhaus et par le Forum des étrangères et étrangers de Lausanne FEEL, dont les offres de cours facilement accessibles permettent à ces groupes-là d'entrer avec succès dans le monde de l'informatique.

Les projets d'inclusion numérique facilement accessibles devraient faire partie du quotidien des migrants.

L'évaluation du projet "Femmes migrantes et ordinateurs" des bibliothèques Kornhaus de Berne et de l'OFCOM met en exergue les points suivants:

  • le public cible doit être défini avec une grande exactitude;
  • l'offre doit être définie localement;
  • les responsables de cours doivent connaître le milieu de la migration du lieu concerné et pouvoir faire de la publicité pour l'offre;
  • le cours doit établir des liens avec le quotidien des participantes.

Une fois le cours terminé, les femmes utilisent l'ordinateur et l'internet - plus spécifiquement le traitement de texte et le courrier électronique -, essentiellement dans le cadre familial. L'internet leur permet, entre autres fonctions importantes pour elles, de s'informer dans leur langue maternelle sur des sujets et des événements concernant leur pays d'origine ou d'écouter de la musique dans leur propre langue.

Les expériences réalisées par Brigitte Gonzalez-Ostos sont similaires à celles des bibliothèques Kornhaus. Depuis plusieurs années, le Forum des étrangères et étrangers de Lausanne FEEL combine l'informatique et le français dans son cours "Initiation au français par l'informatique", proposé plusieurs fois par année et toujours complet. Le cours fait appel à des migrants en tant que "facilitateurs", qui montrent aux débutants comment ils sont venus à bout des difficultés que leur posaient l'ordinateur, la langue française et la Suisse en général. La directrice du projet FEEL estime que le succès des cours repose en grande partie sur cette implication des migrants.

Afin que chaque participant puisse disposer d'un ordinateur et d'un accès à l'internet également à la maison, FEEL travaille avec l'association lausannoise Joker, qui recycle des ordinateurs usagés pour les seniors et les personnes à faible revenu. Contre une participation de 200 francs, ces derniers peuvent se faire livrer et installer chez eux un ordinateur complet avec logiciels et accès à l'internet.

Le courrier électronique et les informations sur le pays d'origine jouent un rôle essentiel.

Dans l'évaluation de son offre, Brigitte Gonzalez-Ostos constate que les participants utilisent les connaissances acquises surtout pour le traitement de textes, le courrier électronique avec la famille et les amis, ainsi que la recherche d'informations en provenance du pays d'origine. Même les migrants qui parlent relativement bien le français recourent de préférence à leur langue maternelle sur l'internet. "Lorsqu'ils recherchent des informations sur la toile, les migrants sont très vite pénalisés par leur manque de connaissances linguistiques. Leur français se révèle souvent trop lacunaire".

Les migrants utilisent l'internet essentiellement dans leur langue maternelle.

Cette constatation a été scientifiquement confirmée par Kathrin Kissau dans ses recherches sur le comportement des migrants sur la toile. Son étude réalisée en Allemagne sur l'utilisation de l'internet par des migrants en provenance de l'ancienne Union soviétique montre que 51% des sondés naviguent principalement en russe, 28% aussi bien en russe qu'en allemand et 21% surtout en allemand.

Les principales activités citées sont la recherche d'informations (100% des sondés), la communication - courriel, chat, etc. - (87,7%), l'échange d'informations (80,4%), les contacts avec le pays d'origine (75,6%), la détente (60,9%) ainsi que le divertissement et les jeux (47,6%).

Selon Kathrin Kissau, les pages allemandes sont consultées en premier lieu pour obtenir des renseignements sur des offres régionales (62%) ainsi que des informations émanant des autorités (55%). Environ la moitié des sondés recourent à l'internet pour améliorer leurs connaissances du mode de vie allemand et de la langue allemande. Enfin, près de 40% emploient cet outil pour résoudre des questions juridiques, pour chercher un logement ou pour trouver un travail.

Il est intéressant de constater que les sondés souhaiteraient naviguer davantage sur les pages allemandes. 90% d'entre eux estiment ainsi que l'internet est un instrument idéal pour la recherche d'un emploi. S'ils ne sont que 40% à y recourir dans ce but, c'est en raison de problèmes linguistiques, expliquent-ils.

Les migrants s'intègrent grâce aux connaissances qu'ils acquièrent sur leur pays d'accueil. Peu importe la langue qu'ils utilisent pour y parvenir.

Partant d'une vision de l'intégration qui implique l'acculturation des migrants, Kathrin Kissau considère qu'une intégration réussie dépend moins du recours à l'internet en allemand que de l'utilisation de contenus qui portent sur l'Allemagne ou qui proviennent de ce pays.

Il semble que les migrants consulteraient davantage les pages concernant l'Allemagne s'ils bénéficiaient de traductions dans leur langue d'origine. Leur intégration s'en trouverait améliorée, leur acculturation accélérée et renforcée. Kathrin Kissau plaide donc pour que les migrants disposent également d'informations sur le pays d'accueil dans leur langue maternelle.

Les sites internet des administrations ne répondent guère aux besoins des migrants.

Kathrin Kissau a aussi examiné l'accessibilité des sites internet de Länder et de communes allemands pour les migrants. Ses conclusions sont souvent consternantes. Elle demande par conséquent que les migrants soient explicitement reconnus comme groupe cible des mesures politiques relatives à l'inclusion numérique. A son avis, le succès de l'intégration numérique dépend avant tout de l'implication des organisations de migrants dans les processus d'application.

conTAKT.net.ch - un outil (gratuit) du Pour-cent culturel Migros conçu pour développer les pages des communes destinées aux migrants

Comme le remarque Luzia Kurmann, du Pour-cent culturel Migros, les constatations faites par Kathrin Kissau en Allemagne pourraient sans autre s'appliquer à la Suisse. La directrice du projet conTAKT.net.ch estime que la Suisse manque, à tous les niveaux, d'offres internet s'adressant spécifiquement aux migrants. Avec conTAKT.net.ch, les communes suisses disposent d'un outil leur permettant d'aménager des pages spécifiquement destinées aux migrants. Cet instrument comprend un CMS (Content Management System), un site internet modèle, des éléments rédactionnels, une banque de données images et vidéos, une série de fichiers audio en dix langues et de nombreux liens. En 2008, des essais pilote ont été menés avec les communes de Lyss, Kreuzlingen, Zoug, Sion, Flawil, Emmen, Liestal, Kriens et Vernier.

Depuis l'automne 2008, les communes intéressées peuvent se procurer gratuitement cet outil auprès du Pour-cent culturel Migros. En contrepartie, elles s'engagent à concevoir un site d'informations pour leurs migrants.

ConTAKT-net.ch

Autonomie ou mise sous tutelle?

Selon le concept de base, les communes confient aussi bien à des migrants qu'à des habitants du lieu la tâche d'aménager et de gérer le site, bénévolement et avec l'aide de spécialistes et de membres des autorités. Au reproche fait au Pour-cent culturel Migros de mettre les migrants sous tutelle (top down), Luzia Kurmann répond que, durant l'élaboration de son rapport sur la phase pilote, les équipes qu'elle a rencontrées étaient très engagées, même si certains sites ont effectivement été conçus, puis gérés, par les chargés de la communication ou de l'intégration de la commune. Elle souligne en outre l'importance des expériences marquantes vécues par les administrations dans le cadre de la réflexion menée autour des besoins spécifiques des migrants.

Langue maternelle ou langue nationale?

conTAKT.net.ch mise résolument sur les langues nationales, explique Luzia Kurmann. L'étude de Heinz Bonfadelli démontre que les migrants se débrouillent très bien lorsqu'ils ne comprennent pas quelque chose, notamment en recourant à des sources d'information "traditionnelles". Parents, connaissances, amis et enfants sont aujourd'hui déjà appelés à la rescousse lors de problèmes de compréhension et de communication de tous ordres. Ce même réseau fonctionne aussi en cas de difficultés avec l'internet.

Migraweb.ch - un projet mis en place par des organisations de migrants, en collaboration avec les institutions de la société civile suisse

Le projet www.migraweb.ch, qui sera lancé en 2009 après une phase pilote, choisit une approche toute différente. Il propose une plateforme ouverte en principe à toutes les communautés linguistiques de Suisse et comprenant des informations non seulement dans les langues nationales mais aussi en albanais, arabe, serbe, croate, bosnien, anglais, portugais, russe, espagnol, turc, tamoul, ainsi que dans deux ou trois langues africaines.

Dans une première phase, le site fournira les prestations suivantes:

  • informations dans la langue maternelle sur la vie quotidienne en Suisse et accès aux contenus de certaines organisations telles que les associations de locataires, les associations de protection des consommateurs, Pro Juventute, Pro Senectute, Pro Infirmis ou des médiateurs de tous ordres
  • conseils en ligne dans la langue maternelle et soutien psychosocial (sur le modèle de La Main Tendue), tri et transmission des demandes aux organisations et aux services spécialisés concernés
  • agenda des activités proposées notamment par les organisations de migrants
  • banque de données contenant les offres en matière d'intégration, avec des indications aisément compréhensibles (secteur public, ONG, etc.)

migraweb.ch

Des informations facilement compréhensibles

Soutenu par le Forum pour l'intégration des Migrantes et des Migrants FIMM, l'association faîtière des organisations de migrants, le projet mise sur la langue maternelle. "Nous souhaitons que les migrants puissent accéder sans difficultés aux informations qui portent sur les domaines essentiels de la vie en Suisse. Nous ne voulons plus qu'ils dépendent du bon vouloir de traducteurs occasionnels", déclare Ursula Dubois, la directrice du projet migraweb.ch. Car:

  • Certains sujets brûlants (violence domestique, drogue, alcool, problèmes psychiques, maladies particulières, discrimination des jeunes fillles, etc.) ne sont en général pas abordés, par honte.
  • Lorsque les enfants font office de relais et disent à leurs parents ce qu'ils doivent faire, ces derniers perdent leur autorité d'éducateurs.
  • Les informations données uniquement par oral sont vite oubliées, ou l'on s'en souvient mal.
  • L'intégration du migrant commence le jour de son arrivée. Par conséquent, les principales formalités vers une acculturation (police des étrangers, recherche d'un logement, ouverture d'un compte, contrat d'assurance, téléphone, transports publics, premiers contacts avec les collègues ou les institutions de formation, etc.) doivent être accomplies les premières semaines, lorsque la personne parle encore très mal la langue du pays d'accueil.

La langue maternelle en tant que pont vers la langue du pays d'accueil

La recherche et la pratique ont démontré que les migrants qui disposent suffisamment tôt d'informations et de conseils dans leur langue maternelle s'intègrent mieux et plus rapidement. L'assurance que leur confère la compréhension de leur environnement les met sur un pied d'égalité avec les Suisses et encourage l'apprentissage de la langue du pays, explique Ursula Dubois dans les études préliminaires menées dans le cadre de www.migraweb.ch.

Intégration numérique des migrants par d'autres migrants

Nombre de migrants ont vécu des expériences difficiles avec la Suisse "officielle". Le projet vise donc aussi à instaurer une certaine confiance en confiant à des migrants de plus longue date la tâche d'informer et de conseiller les migrants récemment arrivés. Ces migrants intégrés jouent le rôle de médiateurs, susceptibles également de "transcrire" les aspects culturels de certains contenus.

Financement

La plateforme est le fruit du travail de rédacteurs, de traducteurs et de conseillers bénévoles qui ont tous un passé de migrants. Son financement résulte d'un partenariat unique en son genre entre des organismes publics, privés et non gouvernementaux. Des villes, des cantons et la Confédération, mais aussi des fondations et des entreprises (p. ex. Sunrise ou IBM) se sont engagés à verser des sommes importantes au cours des trois prochaines années.

début de la page

Atelier 4: L'illettrisme et les TIC

Organisé et animé par Afra Sturm et Thomas Sommer
Haute Ecole pédagogique FHNW, Institut Recherche & développement, centre de lecture

Après avoir rappelé l'origine et la signification de la notion d'illettrisme, Thomas Sommer et Afra Sturm ont dépeint la situation qui prévaut en Suisse dans ce domaine. Ils se sont basés sur l'étude ALL (Adult Literacy et Lifeskills Survey 2003) ainsi que sur le projet intitulé "Illettrisme et nouvelles technologies – apprendre à écrire grâce à une formation de rattrapage" – projet réalisé par les deux intervenants en collaboration avec l'Université de Berne, des partenaires des universités populaires des deux Bâle, le centre de formation aprentas et l'association Lire et Ecrire Suisse romande. Ils ont ensuite brièvement présenté la plateforme de formation et d'apprentissage créée dans le cadre de leur projet, ainsi qu'une partie des résultats issus des recherches menées en parallèle.

Qu'est-ce que l'illettrisme? Comment se manifeste-t-il dans notre société? Quel est le rôle des TIC dans ce contexte? Les TIC permettent-elles de combattre l'illettrisme ou au contraire le renforcent-elles? Quelles sont les stratégies ou les mesures les plus efficaces? Quels sont les acteurs à réunir en premier lieu? Quelles approches ont les meilleures chances de succès?

Vu le peu de temps à disposition pour les discussions, il n'a bien sûr pas été possible de répondre de manière exhaustive à toutes ces questions. Voici quelques-uns des points abordés:

Pas (encore) à l'ordre du jour en Suisse

Le grand public n'a guère conscience de l'existence de l'illettrisme en Suisse, même s'il existe des différences régionales. Malgré les efforts consentis et les initiatives menées au niveau politique, aucun plan national de lutte contre l'illettrisme n'a encore vu le jour. L'Allemagne, l'Autriche et surtout la France ont une bonne longueur d'avance sur la Suisse. Lancer une vaste campagne de sensibilisation permettrait d'accélérer les choses.

Au niveau institutionnel

En Suisse, contrairement aux pays anglo-saxons, les TIC sont très peu utilisées dans l'enseignement; les applications adaptées à l'apprenant (du moins dans les régions de langue allemande) ne sont guère disponibles ou pas encore intégrées aux offres existantes. Plusieurs projets montrent toutefois que si l'enseignement est conçu de manière adéquate, l'apprentissage des langues par le multimédia convient également aux personnes touchées par l'illettrisme. Les TIC sont ainsi employées avec succès dans les cours d'intégration dispensés aux migrants. Il importe surtout d'aménager des offres facilement accessibles aux groupes cibles. Le recours à des outils conçus pour d'autres groupes peut aussi se révéler bénéfique dans la lutte contre l'illettrisme. La politique en matière de formation et les acteurs concernés doivent définir des normes minimales et établir des conditions générales pour la formation et le perfectionnement, également en intégrant les TIC.

Au niveau personnel

Les TIC créent parfois des difficultés supplémentaires dans l'apprentissage d'une langue. Toutefois, elles constituent aussi un facteur de motivation et peuvent en définitive faciliter la formation. Il est beaucoup moins problématique d'admettre un manque d'aisance dans le maniement des TIC que d'avouer des lacunes en lecture ou en écriture.

Bien que les pouvoirs publics n'aient jusqu'ici guère soutenu la lutte contre l'illettrisme, tout espoir n'est pas perdu, comme le prouvent les nombreuses activités entreprises dans ce domaine. Plusieurs acteurs travaillent ensemble de manière interdisciplinaire (par exemple les bibliothèques en collaboration avec les associations Lire et Ecrire). Les TIC peuvent favoriser l'avènement d'une vaste communauté. Des mesures adéquates doivent être prises le plus rapidement possible.

début de la page

Atelier 5: Récolte de fonds pour les organisations à but non lucratif

Organisé et animé par Prof. Robert Purtschert, Verbandsmanagement Institut, Universität Fribourg

Une récolte de fonds permet de réunir des dons qui sont ensuite versés à l'organisation sans contre-prestation. Il en va autrement du parrainage, qui implique une contrepartie (mention du parrain) et qui est soumis à la taxe sur la valeur ajoutée.
Pour les organisations sociales, la récolte de fonds peut constituer un instrument de financement complémentaire, mais elle ne remplace en aucun cas les contributions étatiques.
Très difficile à mener sur le plan du marketing, cette démarche ne s'improvise pas et nécessite un travail de préparation sérieux. Monsieur Purtschert a présenté un concept de récolte de fonds développé dans le cadre d'un modèle de gestion pour les organisations à but non lucratif. Vu que les donateurs n'entretiennent souvent qu'un rapport de communication avec l'organisation concernée, le positionnement et l'image de celle-ci revêtent une importance particulière.
Chaque action basée sur un concept de récolte de fonds doit être systématiquement planifiée selon la méthode heuristique recommandée. La pratique a montré que cette manière de procéder donne d'excellents résultats. Le publipostage reste le principal moyen d'action. Dans le meilleur des cas, un premier envoi à de nouvelles adresses permet juste de couvrir les coûts. Seuls les envois ultérieurs permettent de dégager un bénéfice.
Un instrument très prometteur a fait son apparition, à savoir le marketing des legs (voir Purtschert et. al. Legate-Marketing, édition Paul Haupt Bern). En effet, de nombreuses fortunes seront léguées ces prochaines années.

début de la page